Notre 22e invité est un petit nouveau qui fait cette année sa première apparition face aux lecteurs. Nous accueillons NR.
Qui es-tu ?
Je
suis NR. Et NR n'est autre que l'acronyme de Noël Rasendrason : mon prénom et mon nom. Eh oui.
Sinon je suis un jeune graphiste de profession, vivant depuis quelques
mois à peine sur Paris. Que dire de plus ? Je possède des pouvoirs
magiques (mais nuls), pas mal de pokémon, je voue un amour illimité
pour l'absurde et la nature, et j'ai été tué par balle par un de mes
personnages en mars 2010.
Comment as-tu commencé à dessiner ?
Dessiner, juste avec un crayon et du papier ?
J'ai commencé dès que j'ai eu tout ça, et puis je n'ai plus jamais arrêté.
Mais la Dissonance des Corps, qui est mon premier vrai projet,
a débuté en janvier 2009.
As-tu suivi une formation ?
Une formation de graphiste, mais c'est tout.
Donc je n'ai jamais réellement appris à dessiner. D'ailleurs je ne sais pas dessiner.
Peux-tu présenter ton blog ?
Le
thème de la Dissonance des Corps est un peu un choix fait par défaut
face aux limites trop nombreuses de tous les autres thèmes.
C'est-à-dire que ce blog traite en fait des rejets, de l'attirance ou
tout simplement des défauts de compatibilité entre des gens, des
objets, et parfois entre un objet et lui-même, bref, j'ai en réalité
choisi un des sujets les plus vastes qui soit, et cela au nez et à la
barbe de TOUT LE MONDE. Je suis du genre maléfique.
D'une manière générale, les petites saynètes d'une case que je
présente représentent l'absurde de notre univers, avec une pointe de
cynisme assumé.
Je n'y parle pas de moi, ni de l'actualité, parce que parler d'une
réalité trop ciblée ne m'intéresse pas.
Pourquoi as-tu commencé à bloguer ?
À
la base, il s'agissait d'un simple projet d'école (la même école de
graphisme sus-citée), j'avais alors relié dans un petit livret une
vingtaine de dessins en couleur (les premières dissonances), et j'ai
décidé peu après de les mettre sur un blog, et de continuer cette série
qui m'a semblée inépuisable.
Quel public voulais-tu rencontrer ?
Je ne voulais pas d'un public particulier et, comme tout le monde j'imagine,
mon premier public a été mes amis, des amis d'amis, etc, etc…
Et finalement qui sont tes lecteurs ?
Je
crois que mes lecteurs sont généralement des jeunes qui ont un grand
besoin de lutter comme moi contre les choses dures et inéluctables de
la vie, et qui ont sûrement trouvé un échappatoire dans mes dessins. Ce
sont des gens qui aiment rire, mais qui ne sont pas dupes pour autant.
Des cyniques un peu fous. Des gens biens quoi.
Combien de temps passes-tu en moyenne sur tes notes ?
Quand ce n'est pas une idée qui m'est venue spontanément,
il me faut environ 5 – 10 minutes pour en trouver une,
puis 5 – 10 minutes pour le dessin, et la mise en couleur me prendra en moyenne 15 minutes. Donc 30 minutes, en moyenne.
Est-ce que ce sont des dessins spécialement faits pour le blog ?
En effet, même si ça m'est arrivé de "recycler" de vieux dessins pour les y introduire.
Avec quoi dessines-tu ?
Un stylo-feutre noir assez fin, et euh… Photoshop pour la couleur.
Quelles sont tes influences graphiques ?
Très
vastes ! Mais s'il fallait parler de ce qui m'a influencé le plus au
niveau de la bande dessinée actuelle, je citerais sans hésiter des
auteurs comme Lewis Trondheim, Olivier Texier, Ruppert & Mullot, et
un ovni parmi les ovnis : Eric Veillé.
Combien de temps passes-tu sur les blogs des autres ?
Difficile à évaluer… Je dirais un peu moins d'une heure par jour.
Quels sont ceux dont tu es fan ?
Je suis rentré dans la "blogosphère" via le blog d'Olivier Texier,
dont je suis un grand fan,
ensuite, j'ai découvert Geoffroy Monde (Saco Pandemino), Yoda Blog, et pas mal d'autres..
As-tu fait des rencontres grâce aux blogs ?
Bien sûr. J'ai pu rencontrer le grand GEOFFROY MONDE.
Es-tu sensible aux commentaires ?
Je
suis très sensible aux critiques en général, qu'elles soit orales ou
écrites.
Parfois un peu trop.
Il suffit qu'il n'y ait aucun commentaire sur un dessin pour que je me dise que
le dessin était nul (à une époque je le retirais même, tellement
j'avais honte de moi).
Si un jour je perds cette sensibilité, je crois que je pourrais me dire
sans hésiter "ça y est, je suis devenu un con".
De manière générale, penses-tu que la BD numérique pourrait nuire à la BD papier ?
Je
n'ai pas de vraie opinion sur la question, je crois qu'il faut vivre
avec son temps, et si un jour la BD papier doit être reléguée au rang
"d'objet de collection" comme le sont les vinyles et le sera le CD, alors
qu'il en soit ainsi.
Je crois faire partie des puristes qui n'accepteront jamais de lire une
bd sur un écran ceci dit, mais je tolère les nouveaux supports. Tant
que ça fait vivre les auteurs (enfin ceux qui peuvent en vivre, ahah).
Où peut-on voir ton travail en dehors des blogs ?
Eh
bien, je n'ai pas encore de publication papier, mais j'ai également un
site internet, qui est un aperçu de ce que je
fais à côté de la BD, c'est-à-dire de l'illustration de toute sorte, du
graphisme, mais aussi des écrits et de la musique.
As-tu des albums ? Peux-tu nous les présenter ?
Je n'ai pas encore d'album. MAIS.. prochainement, aux éditions Lapin, des choses verront le jour. Enfin je crois.
Et là-dessus je ne me prononcerai pas davantage, c'est déjà tellement
trop gros pour moi-même…
Qu'attends-tu de ta venue au Festiblog ?
J'attends
tellement de choses, sachant qu'il s'agit de mon premier festival,
de mes (presque) premières dédicaces, et donc de ma première
confrontation avec les lecteurs, que je ne sais pas vraiment à quoi
m'attendre.
Mais j'ai bien deux ou trois idées.
J'attends :
– des lecteurs (on ne sait jamais)
– des groupies (16-20 ans c'est une bonne moyenne)
– des petits biscuits apéritifs à base de fromage
– de la thune
– des petits animaux
– un combat de bras de fer avec Lewis Trondheim.
Parle-nous d'un truc qui n'a rien à voir avec la BD et que tu aimes ?
Euh
hum, je pourrais parler de… Ah non, ça va jamais passer.
Sinon, j'ai un gros penchant pour l'art conceptuel et tous les acteurs
de l'absurde ou de l'expérimentation en général,
desquels je m'inspire beaucoup d'ailleurs, inévitablement. Comme
meilleurs exemples je me dois de citer des artistes comme Fischli et
Weiss, Ryoji Ikeda (de la musique très très moderne), Erwin Wurm, et
tous ces fous qui œuvrent dans l'ombre, que j'admire
pour les petites révolutions qu'ils inventent chaque jour.
Un dernier mot ?
Colifichet






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