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  • Errare humanum est, perseverare diabolicum

    Un message d’Obion que je trouve important de diffuser (les éditions Casterman sont évidemment invitées à communiquer une réponse que je diffuserai selon la règle du droit de réponse) :

    Suite à une erreur de mise en page dans le fichier d’impression, l’ensemble du premier tirage de Vilebrequin, soit 8000 exemplaires, a été mal imprimé et une grande partie se trouve aujourd’hui en librairie, disponible à la vente.

    Le souci : Un décalage d’une page au début de l’album.
    C’est à dire que la page 1, au lieu de se trouver logiquement sur une
    page de droite, se retrouve à gauche, en vis à vis avec la page 2. Du
    coup, l’ensemble des 98 pages du livre est décalé.

    Il va de soit que les "effets de suspens" de fin de page et le rythme de l’album sont complètement ruinés.
    Mais
    le plus grave, c’est que tout l’album a été travaillé sur un concept de
    petites scènes de deux pages jouant sur la symétrie des vis à vis.
    C’est la charpente même du récit, l’idée étant, sur la majeure partie
    de l’album, de faire une sorte de catalogue avec des scènes de 2 pages
    cloisonnées en vis à vis.

    Le décalage dénature complètement notre travail et cette version s’avère donc être défectueuse!
    Pour vous en convaincre, voici quelques exemples de doubles pages
    telles qu’elles étaient prévues. Ils sont peu nombreux mais je pense
    que c’est assez parlant pour que l’on puisse imaginer la catastrophe
    d’un décalage de toutes les pages de l’album.

    Vilebrequin © Obion/Le Gouëfflec/Casterman 



    Vilebrequin © Obion/Le Gouëfflec/Casterman 

    Vilebrequin © Obion/Le Gouëfflec/Casterman 



    Vilebrequin © Obion/Le Gouëfflec/Casterman 

    Notre éditeur (Casterman – collection KSTR) s’est gardé de nous
    informer de la malfaçon jusqu’à ce que le livre soit envoyé en
    librairie, nous mettant ainsi devant le fait accompli.

    Arnaud et moi-même avons immédiatement demandé à notre éditeur qu’il
    fasse le nécessaire pour faire retirer l’album des librairies en
    informant les libraires de cette erreur d’impression. Ce qu’il a
    refusé, considérant apparemment cette requête comme un caprice d’auteur
    ou une "réaction émotionnelle".

    Depuis une semaine, le groupement BD SNAC (Syndicat National des
    Auteurs et des Compositeurs) nous soutient dans notre démarche afin de
    trouver un accord à l’amiable avec l’éditeur.

    A l’heure actuelle toutes les tentatives de médiation ont échoué,
    Casterman refusant d’admettre que ces exemplaires sont défectueux et
    n’évoquant qu’une réédition prochaine "optimisant" le livre. De même,
    si un retrait des exemplaires de la première édition ratée était bien
    évoqué, Casterman n’a voulu s’engager sur aucune date précise
    concernant cette demande, pourtant simple, à faire parvenir aux
    libraires.

    Ayant finalement refusé de signer une lettre-accord nous demandant de
    garder le silence sur toute cette affaire, nous pouvons enfin vous
    informer de la situation.

    Le livre est en librairie malgré notre opposition. Notre travail
    d’auteur y est complètement dénaturé portant ainsi atteinte à notre
    droit moral. Juridiquement parlant, nous ne pouvons sans doute pas vous
    demander de ne pas l’acheter en l’état mais, artistiquement parlant,
    inutile de dire que nous ne reconnaissons pas cet album (en l’état) et
    ne dédicacerons pas ces exemplaires.

    Nous ne voyons aucune objection à ce que cette information circule largement.

    Nous ne comptons pas laisser cette affaire sans suite, la considérant
    comme une grave atteinte à notre droit moral, fondement même du droit
    d’auteur.

    Obion