Hola Etranger, qui es tu ?
Dans l’Ouest sauvage, on m’appelle Ouvre-Boîte, rapport à mon véritable métier (Yod@ est prof, ndt). Mais les peaux-rouges m’appellent Yod@, ça veut dire un truc du genre « petit homme qui sait » .
Vous savez vous servir de vos pinceaux ?
J’ai commencé à faire le con avec mes colts quand j’étais môme. Comme tout le monde. Sauf que j’ai quarante piges, avec tout le plomb que j’ai balancé on pourrait presque m’accuser d’avoir inventé le saturnisme.
Le tir festif (la bande dessinée, ndt), c’est d’abord un truc que je faisais pour les anniversaires de mes potes autour des feux, quand le bétail était rentré.
On rigolait copieusement, faut bien l’avouer. J’étais minot à l’époque, j’avais trente ans.
Quelles sont vos gachettes favorites ?
Je connais pas bien l’univers du tir festif. C’est mon côté cowboy solitaire. Mais je vois quand même tourner de bien belles gâchettes :
Vuillemin pour sa finesse (que Sim lui a longtemps enviée), Winshluss avec son Pinocchio (les dialogues sont d’une justesse incroyable), Sfar parce qu’il tire intelligemment et parce que je le trouve rigolo (physiquement), pour le reste je sais pas trop, ça fait beaucoup de monde.
Desproges, surtout. Mais lui il est mort, ça compte pas.
Votre monture blog sembre venir d'une autre planète…
C’est une brave bête. Elle bouffe comme quatre (elle me prend du temps, ndt).
Je lui donne deux à trois fois par semaine une bonne pâture maison faite d’étoile et de guerres (Star Wars, ndt) avec des morceaux dedans (Les personnages de la saga, ndt), mais en petites quantités (il s’agit de strips d’une à quatre cases, ndt), histoire de pas l’étouffer.
Et ça fait bien rire (c’est un blog humoristique, donc, ndt) les étrangers (le lectorat, ndt). Ahahah.
Ca fait longtemps que vous l'avez ?
En janvier ça fera un an, mon gars. C’est un lascar pas fréquentable qui m’a poussé, je savais pas qu’on pouvait monter ce genre de bestiau (le blog, ndt). J’avais développé une petite batterie de tirs festifs (une soixantaine de petits dessins humoristiques, ndt) qui est tombée dans le colimateur de cette crapule blonde. C’est ce gredin qui s’est pointé au ranch un jour de janvier avec la bête en bride. Il m’a dit : « Etranger, prends cette bête et mène-là au delà du Grand Canyon, au pays des tireurs festifs (la blogosphère, ndt). Tu devras y coloniser des peuples dont la sauvagerie dépasse ton entendement, et leur faire entendre ta parole, car tu es un homme juste et bon ». Le bougre était armé, blond et mesurait deux mètres, j’ai pas pu dire non.
Vos lecteurs viennent ils de toute la galaxie ?
J’ai pas croisé grand monde. Je sais depuis peu, grâce à un foie jaune (un gars pas clair qui a installé un outil statistique le 14 décembre dernier, ndt), que pas mal de gens suivent mes saillies (de tir festif naturellement, ndt). C’est bien chouette. Je sais pas trop qui ils sont par contre. Pis y’en a qui sont vachement loin (Paris 8, ndt).
Je reçois pas mal de courrier (de 20 à 40 commentaires par note, ndt). C’est la cerise sur le gâteau, la plume sur le comanche. Je réponds à tout le monde, ça me détend et puis c’est une forme de respect. Important ça, le respect.
Vous ne feriez pas partie d'une bande ?
Non, je suis trop jeune et trop inexpérimenté (dans le tir festif, ndt) pour pouvoir espérer rallier une bande de pieds tendres. Et puis je suis vieux, tellement vieux (Yod@ a 40 ans. Ahahah, ndt)… Et puis pour parler franchement, je vois pas trop avec qui je pourrais m’acoquiner.
Devaud, peut-être, mais son prénom (Louis-Bertrand, Ahahah, ndt) ne m’inspire aucune confiance.
Ceci dit, je connais pas encore très bien cet univers (la blogosphère, ndt).
Et en dehors du tir sur blog ?
Je fais pas seulement dans le tir festif.
Je fais aussi dans l’explosif (la peinture, la gravure, l’écriture, ndt) et dans le tir rémunérateur (le dessin abstrait pénible, ndt), il m’arrive de travailler sous contrat, mais c’est confidentiel (c’est très cher, ndt).
Vous connaissez Angoulême City ?
Jamais venu à Angoulême City. Je connais pas bien. Pas mal de fines gâchettes dans ce patelin, à ce qu’on m’a dit. J’irais bien y planter l’éperon un de ces quatre (il veut gagner le concours, ndt).
Qu'est ce que vous venez faire en ville ?
Il y a un truc mais faut que je m’entraîne. J’ai l’habitude de faire dans le tir à bout portant (du strip, ndt) et là, je suis plutôt dans le tir à la Long Rifle (un gros truc avec une histoire dedans, des dialogues et tout ça tout ça, ndt). C’est un truc qui vient de mes lectures d’enfance avec des shérifs en collant qui volent avec des capes grotesques (les Marvel Comics, ndt).
Mais faut que je m’habitue. La Long Rifle, c’est classe mais c’est lourd.
Les mains en l'air ? Un dernier mot avant d'être pendu haut et court ?
Je voudrais remercier le gros type blond de deux mètres qui a poussé le portail de mon ranch en janvier dernier. Tout ce qui arrive, c’est à cause de lui.
J’en profite pour dire que j’aurais bien aimé que mon père puisse rire à mes conneries, aussi, mais ça va plus être possible.
Et puis avant qu’on me passe la corde, je voudrais serrer ma fille pour l’embrasser. Elle s’appelle Jeanne, comme Calamity, elle rend le monde supportable et elle est plus belle qu’un Monet tardif. Je croyais pas qu’un truc pareil pu
isse être possible avant de la connaître.