Aujourd’hui le festival vous propose de résoudre une énigme en vous présentant l’auteur qui se cache derrière 24 mois chrono. Actuellement en vacances, le papa de Nina ne souhaite pas donner sa véritable identité, saurez-vous la deviner ?
Comment as-tu commencé à dessiner ?
Comme tous les cancres, j’ai commencé au fond de la classe… En fait, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu envie de dessiner. J’ai conservé à la maison ma toute première planche, je devais avoir sept ans. Avant même de savoir écrire, mon jeu préféré, c’était de faire évoluer des dessins sur une feuille. En fait, je n’avais pas encore découvert le mode narratif des cases. Toute l’histoire se passait donc sur une seule case, et au fur et à mesure que je me racontais l’histoire, les cow-boys passaient de vie à trépas. Ils finissaient régulièrement criblés de flèches…
As-tu suivi des cours de dessin ou une formation artistique ?
Non. Mais la passion du travail des autres m’a beaucoup appris. La bande dessinée est un genre en perpétuelle évolution. Ce n’est pas un art mineur. Il est possible de raconter des histoires en BD qui ne pourraient pas être racontées par le cinéma, la littérature ou le théâtre. Qu’aurait donné Maus avec un autre support ?
C’est le blog de Nina. C’est son regard sur le monde dans lequel
elle vit. Son père est porte-parole du principal parti de la gauche. Il
veut aider son chef à devenir président. Il s’est donné 24 mois pour y
parvenir. Sa mère, divorcée de son père, est galeriste et passe sa vie
entre Paris et les grandes capitales du monde. Nina raconte semaine
après semaine ce qu’elle voit : le tsunami, Le racisme, la guerre en
Irak, la politique etc.
Comment en es-tu venu à blogguer ?
Par hasard. Sur un coup de tête. Je trouve l’outil totalement
magique. Pouvoir créer et trouver un public immédiatement, il n’y a
guère que le Net pour autoriser ce rêve.
Quel est ton objectif premier quand tu bloggues ?
Partager.
Quel était ton public cible au démarrage ?
Je suis trop mauvais au tir pour choisir une cible… Ce n’est pas à
moi de choisir. J’espère juste faire partager réflexion et émotion.
Quels sont tes lecteurs aujourd’hui ?
Je ne sais pas trop. Au départ surtout des gens qui étaient
intéressés par la politique et par la ressemblance physique entre
Jonathan Bang (le papa de Nina) et Julien Dray. Aujourd’hui c’est très
divers. Je reçois très régulièrement des mails de lecteurs (qui ne
souhaitent pas passer par les commentaires publics) et qui me disent ce
qui les touche. C’est souvent des commentaires sur l’actualité
(Florence Aubenas…) ou des planches plus « poétiques » comme la
partie de cache-cache dans la neige devant le jardin des Tuileries.
Combien de temps passes-tu sur tes notes (par jour/par semaine) ?
Je suis très irrégulier…
Comment les réalises-tu ? (crayonnés, palette graphique, aquarelle…)
Je dessine à l’ancienne avec plumes, pinceaux et encre de chine. Je
scanne ensuite. J’aime l’outil informatique, mais je ne peux me passer
du contact avec le papier, le bruit de la plume sur la feuille, les
caresses du pinceau…
Quelles sont tes influences graphiques (BD ou artistiques) ?
Tellement nombreuses… Disons que Comès, Pratt et Tardi sont dans
le tiercé de tête. Mais ils ne sont pas les seuls. Bilal, Moebius et
tant d’autres… Si on s’éloigne du dessin, « Maus » de Spiegelmann a
été une révélation.
Combien de temps passes-tu à lire les blogs des autres ?
A chaque fois que l’on me signale un bon blog, je vais voir.
Quels sont ceux dont tu es le plus fan ?
J’aime beaucoup celui de Daniel Schneidermann. J’ai découvert celui de Frantico grâce à un dossier publié dans Bo Doï qui faisait la critique de nos blogs respectifs.
Voilà d’ailleurs un des atouts extraordinaire des blogs. Auparavant,
il aurait fallu attendre une éventuelle publication par un éditeur pour
pouvoir être lu et avoir un retour sur son travail. Je n’ai pas
d’éditeur, peut-être n’en aurais-je jamais, mais j’ai la chance d’être
chroniqué. En fait, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de
continuer chaque semaine si je n’avais pas eu la possibilité d’être lu.
As-tu rencontré des gens grâce aux blogs ?
Virtuellement seulement, puisque je ne veux pas sortir de mon anonymat avant la conclusion de l’histoire.
As-tu une anecdote particulière liée aux blogs ?
Daniel Schneidermann a découvert Jonathan Bang et Nina sur le Net.
Il m’a demandé si j’étais d’accord pour illustrer son site. J’ai
immédiatement accepté parce que son travail est remarquable. Sans
vouloir lui servir la soupe, il est de ceux qui contribuent à une
véritable éducation au monde de l’image. Je suis également sensible au
fait que ce journaliste ne manque pas de tribunes pour exprimer sa
pensée de manière unilatérale (Libération, la cinq). En ouvrant un
blog, il fait la démonstration à la fois d’une passion réelle pour les
sujets qu’il traite et de sa capacité à s’ouvrir à la confrontation.
Mais nous ne nous connaissons pas. Nous avons simplement échangé
quelques mails. Il a demandé à me rencontrer, mais il m’a honnêtement
avoué qu’il ne tiendrait pas sa langue sur mon identité. J’ai donc
décliné. Nous nous rencontrerons forcément un jour. Le hasard a déjà
voulu que nous lancions nos blogs en même temps et coïncidence, le sien
s’appelle Bigbangblog. Le mien est le blog de Nina Bing (nom de la mère) Bang (nom du père) …
Es-tu sensibles aux commentaires ?
Oui. Ce que je perçois est forcément subjectif. J’apprécie de lire
le regard des autres sur les mêmes évènements. Je compte me resservir
de certaines critiques dans les prochaines planches.
Qu’est-ce qui te plait le plus dans les blogs ?
Ce qui est passionnant c’est de dessiner semaine après semaine sans
savoir comment va se terminer l’histoire. Habituellement l’auteur
connaît la fin de son histoire dès la première bulle. Moi, je ne sais
rien de ce qui va se passer… Enfin, le blog permet de dessiner et de
trouver des lecteurs avant même d’avoir eu à se poser la question d’un
éditeur. Tous les talents peuvent s’exprimer. les commentaires sont
aussi une source de réflexion et de stimulation pour l’auteur. Mieux
que l’interactivité, connais pas…
Qu’aimes-tu le moins dans les blogs ?
Les mauvais blogs…
Et en dehors des blogs où peut-on voir ton travail ?
Si je vous répondais, je vous dirais qui je suis. Le moment n’est pas venu…
Aux dernières nouvelles, les aventures de Nina auraient trouvé un éditeur…


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